Le bout du monde à portée de main

Histoire

Grand-Rivière: commune authentique et "résistante"

Situé à l’extrême nord de la Martinique face au canal de la Dominique, le petit bourg de Grand-Rivière a pendant longtemps été très difficile d’accès. Appelée « la commune du bout du monde », logée entre les flancs de la Montagne Pelée et le canal de la Dominique, elle offre le plus cours chemin entre la Martinique et la Dominique avec comme seule et unique voie de communication : la Mer.

L’histoire de Grand-Rivière remonte aux indiens Caraïbes puis par les français au 17ème siècle, aux premiers temps de la colonisation.

En effet, cette partie de Martinique était au départ un massif volcanique surgi de la mer il y a environ 1 million d’années : le Mont Conil. C’était donc une île. Puis le massif de la montagne Pelée est venu combler ce vide, entre le morne Jacob, les Pitons du Carbet et le Mont Conil, il y a environ un demi million d’années.

Grand-Rivière a été fondée à la fin du XVIIe siècle. Dès lors, les jésuites décident d’y installer une chapelle: Notre-Dame-de-Bon-Port. Et en 1888, Grand’Rivière est reconnue comme commune à part entière.

Le 25 juin 1940, durant la Seconde Guerre Mondiale, la Martinique est administrée par l’amiral Robert. Période noire où la terreur, la famine et la misère sont le quotidien des martiniquais. Grand-Rivière devient alors une des plaques tournantes de la résistance martiniquaise. En effet, les États-Unis vont aider les dissident qui veulent rejoindre le front à atteindre Londres en partant de Grand-Rivière via le canal de la Dominique.

En 1942, un représentant de l’amiral Robert en compagnie de l’archevêque se rendent à Grand-Rivière dans le but de remplacer des drapeaux républicains par des croix. Un changement qui n’eût pas lieu car c’était sans compter sur les habitants : les Riverains. Eclate alors une rixe entre les partisans de l’amiral Robert et ses adversaires. Grand-Rivière apparaîtra tout au long de cette période comme une commune de résistants

Histoire et origine

Le premier propriétaire connu est Pierre Cocquet dit « La Fontaine ».  Certains disent même que plusieurs personnes ayant cherché à le découvrir auraient été battues par ces esprits ou frappées de maladie.

On peut d’ailleurs encore y voir certains vestiges. Notamment une maison de maître en pierre de taille, un entrepôt, une rue « case-nègres », un magasin-hôpital, un séchoir, une cuisine …
On y a cultivé entre autres l’indigo, la canne à sucre, le café, le cacao. Aujourd’hui elle est occupée par des petits agriculteurs qui font des cultures maraichères : on trouve ainsi des bananes, des ignames, des dachines… Vous pourrez y croiser « Bébé » qui s’est donné pour mission d’y planter de nombreuses essences rares et en voie de disparition. D’autres font également de l’élevage de boeufs, d’oies ou encore de poules.

Cette habitation sera la première étape de ceux qui auront choisis de découvrir la magnifique randonnée Grand-Rivière / Anse Couleuvre. N’hésitez pas à vous y attarder, peut-être aurez vous la sensation de sentir encore la présence des esprits qui l’habitent comme certains l’affirment.
Aujourd’hui elle est la propriété du Conservatoire du littoral.

Pour découvrir les lieux, nous vous conseillons « la petite boucle » une petite randonnée d’une heure se terminant sur la magnifique plage de sinaï.

habitation de fond moulin

C’est probablement l’habitation la plus ancienne de Grand-Rivière. Elle date environ de 1655.  Elle abrite les légendes les plus mystérieuses des environs. Selon les anciens, un trésor de pièces d’or s’y trouverait encore, gardé par l’esprit des esclaves ou peut-être même par le diable en personne.

Église sainte-catherine d'alexandrie

En 1660, les jésuites installent une chapelle dite Notre-Dame-de-Bon-Port à Grand-Rivière, seul lieu de culte jusqu’en 1848. En 1695, le père dominicain Jean-Baptiste Labat, vient y célébrer la messe avec le père Breton, le curé de Basse-Pointe.

Grand-Rivière est rattachée à la paroisse du Macouba en 1743 par le père Mane, supérieur des dominicains. Ainsi, Grand-Rivière est érigée en paroisse en 1850, placée sous la protection de Sainte Catherine d’Alexandrie, et est alors régulièrement desservie.
Des travaux d’agrandissement de la chapelle sont lancés le18 avril 1877 et exécutés en 1878 pour donner naissance à l’église. Elle sera entièrement rénovée par Etienne Poncelet – Architecte en chef des Monuments historiques, en 2007 et retrouvera son clocher original en bois à toit pointu. Les travaux se terminent par son inauguration le 16 juillet 2008. L’édifice est protégée au titre des monuments historiques – inscription par arrêté en date du 8 décembre 2009.

L’église Sainte-Catherine est de plan basilical avec une nef centrale terminée par un chœur hémicirculaire. Le clocher de l’église, en léger retrait de la façade sur le côté gauche, est hors d’œuvre. La façade principale néo-classique est formée d’un seul niveau rythmé par quatre pilastres à ordre toscan. Entre les pilastres se place un portail au milieu de la façade encadré par deux niches avec des statues, le tout est couronné d’un grand fronton triangulaire percé d’une petite rosace en son centre.
Le premier niveau du clocher reprend la même élévation que la façade. Il est surmonté d’un second niveau formé de lattes de bois peintes en gris avec baies à clair-voie sur chaque face. Elles sont encadrées par quatre pilastres à ordre toscan dans les angles. Le tout est là aussi couronné d’un haut toit pointu.
La nef de l’église est formée de quatre travées séparées par des piliers supportant la voûte en berceau plein-cintre en lattes de bois peintes en bleu. Chaque travée est ouverte en son centre d’une baie qui tranche sur le mur blanc par les encadrements en pierre grise qui l’entourent. La nef se termine par une abside ouverte de deux baies à son niveau inférieur. Elle est surmontées d’une fresque représentant le Christ en gloire accompagné par des anges utilisants comme modèle le visage d’enfants de Grand-Rivière sur la voûte hémicirculaire, peinte en 2008 par Jean-Philippe Girard.

Les installations des séchoirs à cacao composé de tiroirs coulissant sous la maison ont aujourd’hui disparus. Cependant sous la végétation une dalle composé de carreau en terre cuite est encore  présente. On y entreposait le cacao et le café pour le séchage.
On peut également voir la présence d’un four à pain. En effet, l’un des frères Désiré était boulanger.
Un moulin métallique à manège qui servait à broyer la canne, dans un état d’assez bonne conservation, est encore présent. Ce qui laisse supposer qu’il y avait une petite distillerie.
Un héritier Désiré se souvient avoir vu un ancien alcoomètre, ce qui accréditerait cette thèse.
Aujourd’hui, on trouve quelques cultures vivrières dans certaines parties de l’habitation et de petits élevages de bovins.
Si vous souhaitez découvrir cette habitation, un guide, Éric vous propose du  canyoning ou encore de faire du bivouac au milieu de cette magnifique forêt. Il vous contera l’histoire et les légendes de cette région atypique de la Martinique.

habitation de Malakoff

Elle est le résultat du regroupement de quatre habitations : Lacour, Touillon, Lemery, La Moreau (ou Fond Lottière) apparues au milieu du 19ème siècle.
On y cultivait principalement du café et du cacao et un peu de vanille.
L’habitation Malakoff est la propriété de la famille Désiré, depuis 1875, elle est aujourd’hui quasiment à l’abandon et quelques vestiges sont encore visibles.

habitation beauséjour

L’Habitation Beauséjour se situe entre la rivière Potiche et la Grande Rivière, sur un plateau élevé peu avant le bourg de Grand-Rivière.
Le premier propriétaire fut Chambert  Anthoine dit La Rivière. Comme les autres habitations des environs, elle a connue de nombreux propriétaires entre le XVIIème et le XXème siècle.

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 les Mirebeaux des Ruissaux, Desabayes, Levacher du Boullay, Brière, Potier de Courcy, de Chazaud, Ariès, Knight en furent les différents propriétaires. Depuis 1928 elle appartient à la famille de Lucy de Fossarieu.
Le plus célèbre des propriétaires est le mulâtre Amédée Knight, ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris, devenu sénateur de la Martinique en 1899. Il fut enterré à Grand-Rivière à l’emplacement actuel de la tombe de la Famille Leopoldie Judes. Sous la direction d’ Amédée Knight elle doubla de superficie et passa de 136 à 285 hectares. Elle produisit un rhum de grande qualité le « rhum H.B.S. » médaillé d’or à l’Exposition coloniale de Paris en 1932.
Après la seconde guerre mondiale, la culture de la canne est remplacée par la banane. Et la distillerie disparait. Aujourd’hui la canne a remplacé à nouveau la culture de la banane.
L’habitation Beauséjour est  la seule habitation de Grand- Rivière restée dans un excellent état de conservation et toujours habitée. On peut y voir de nombreuses constructions très anciennes notamment le canal de Beauséjour. Une véritable prouesse technique pour son époque, qui servait à irriguer l’habitation mais surtout à entraîner la grande roue à eau utile à la distillerie.
On peut visiter la maison principale lors des journées du patrimoine.  

Éoliennes de Grand-Rivière

L’AFD soutient les projets en lien avec les énergies renouvelables. C’est dans cet optique qu’est né le projet d’implanter une ferme éolienne sur une plantation cannière de 60 hectares à Grand-Rivière.

La mise en service du site a débuté le 14 janvier 2019. C’est ainsi que GRESS (Grand-Rivière Éolien Stockage Service) devient la plus grande unité éolienne avec stockage des Antilles françaises raccordée en un point unique du réseau. La puissance du parc est de 14MW, avec un stockage de 5,3 MWh et 37 GWh d’électricité produite par an.

La ferme permet de fournir une consommation moyenne de 10.000 foyers martiniquais, soit près de 5 % de la population.

L’électricité ainsi produite permet d’économiser 8500 tonnes de fuel par an et de réduire de 28 000 tonnes les émissions de CO2 par an. Le parc éolien de Grand-Rivière contribue à la décarbonation du mix énergétique martiniquais. Il augmente ainsi la capacité de production d’énergie renouvelable de 15 % et multiplie par 14 la capacité éolienne de l’île.

De plus cette nouvelle génération d’éolienne est plus silencieuse et elle bénéficient d’un dispositif anticyclonique qui leur permet de résister à des vents de plus de 250km/h.

PARC ÉOLIEN DE GRAND-RIVIÈRE

Impliquée dans la préservation de l’environnement, Grand-Rivière s’inscrit aujourd’hui dans l’histoire moderne. C’est pourquoi la commune a accueilli un parc éolien de 14 MW sur ses terres grâce à un projet ambitieux en collaboration avec la Collectivité Territoriale de Martinique, l’État et l’Agence Française de Développement (l’AFD). Avec ce projet, la commune a pour but d’atteindre les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effets de serre. Grâce à ce parc, Grand-Rivière participe à l’objectif d’atteindre 50 % d’énergie renouvelable dans le mix électrique martiniquais.